UN SEJOUR A RETORD

 

A certains endroits, il y a six pieds de neige de pleine chute, dans d'autres, le vent et la disposition des lieux ont produit ce que dans le pays on appelle des « Cugnères » et nous passons sur 10, 15, 20 et 25 pieds de neige gelée.

 

Après quatre heures de marohe, nous arrivons chez M. le Curé de Retord qui nous reçoit de son mieux dans la pauvre grange qui lui sert de presbytère, nous dînons et on me propose une promenade au Signal (1,322 mètres) nous nous munissons tous de nos cercles, et en arrivant au sommet j'aperçois tout à coup mon ami le Mont-Blanc et la chaîne alpestre dont il est le roi. Alors que je m'extasiais de cette vue, malgré l'absence de soleil: "Ce n'est rien, me dit-on, c'est quelquefois bien plus beau, et puisque vous faites un séjour ici, on vous avertira". Sur cette assurance,je redescends traînée sur une luge qu'on avait montée jusques-là pour me procurer un des plaisirs de la saison.

 

Henriette d'Angeville

Février 1842

 

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